lundi 31 décembre 2007

Gustave Eiffel, entretien avec Paul Bourde


Quels sont les motifs que donnent les artistes pour protester contre l'érection de la Tour ? Qu'elle est inutile et monstrueuse ! Nous parlerons de l'utilité tout à l'heure. Ne nous occupons pour le moment que du mérite esthétique sur lequel les artistes sont plus particulièrement compétents. Je voudrais bien savoir sur quoi ils fondent leur jugement. Car, remarquez-le, Monsieur, cette Tour, personne ne l'a vue et personne, avant qu'elle ne soit construite, ne pourrait dire ce qu'elle sera. On ne la connaît jusqu'à présent que par un simple dessin géométral ; mais, quoiqu'il ait été tiré à des centaines de mille exemplaires, est-il permis d'apprécier avec compétence l'effet général artistique d'un monument d'après un simple dessin, quand ce monument sort tellement des dimensions déjà pratiquées et des formes déjà connues ? Et, si la Tour, quand elle sera construite, était regardée comme une chose belle et intéressante, les artistes ne regretteraient-ils pas d'être partis si vite et si légèrement en campagne ? Qu'ils attendent donc de l'avoir vue pour s'en faire une juste idée et pouvoir la juger.

Je vous dirai toute ma pensée et toutes mes espérances. Je crois, pour ma part, que la Tour aura sa beauté propre. Parce que nous sommes des ingénieurs, croit-on donc que la beauté ne nous préoccupe pas dans nos constructions et qu'en même temps que nous faisons solide et durable, nous ne nous efforçons pas de faire élégant ? Est-ce que les véritables conditions de la force ne sont pas toujours conformes aux conditions secrètes de l'harmonie ? Le premier principe de l'esthétique architecturale est que les lignes essentielles d'un monument soient déterminées par la parfaite appropriation à sa destination. Or, de quelle condition ai-je eu, avant tout, à tenir compte dans la Tour ? De la résistance au vent. Eh bien ! je prétends que les courbes des quatre arêtes du monument telles que le calcul les a fournies, qui, partant d'un énorme et inusité empâtement à la base, vont en s'effilant jusqu'au sommet, donneront une grande impression de force et de beauté ; car elles traduiront aux yeux la hardiesse de la conception dans son ensemble, de même que les nombreux vides ménagés dans les éléments mêmes de la construction accuseront fortement le constant souci de ne pas livrer inutilement aux violences des ouragans, des surfaces dangereuses pour la stabilité de l'édifice.

Il y a, du reste, dans le colossal une attraction, un charme propre, auxquels les théories d'art ordinaires ne sont guère applicables. Soutiendra-t-on que c'est par leur valeur artistique que les Pyramides ont si fortement frappé l'imagination des hommes ? Qu'est-ce autre chose, après tout, que des monticules artificiels ? Et pourtant, quel est le visiteur qui reste froid en leur présence ? Qui n'en est pas revenu rempli d'une irrésistible admiration ? Et quelle est la source de cette admiration, sinon l'immensité de l'effort et la grandeur du résultat ? La Tour sera le plus haut édifice qu'aient jamais élevé les hommes. Ne sera-t-elle donc pas grandiose aussi à sa façon ? Et pourquoi ce qui est admirable en Égypte deviendrait-il hideux et ridicule à Paris ? Je cherche et j'avoue que je ne trouve pas.

La protestation dit que la Tour va écraser de sa grosse masse barbare Notre-Dame, la Sainte-Chapelle, la tour Saint-Jacques, le Louvre, le dôme des Invalides, l'Arc de Triomphe, tous nos monuments. Que de choses à la fois ! Cela fait sourire, vraiment. Quand on veut admirer Notre-Dame, on va la voir du parvis. En quoi du Champ de Mars la Tour gênera-t-elle le curieux placé sur le parvis Notre-Dame, qui ne la verra pas ? C'est d'ailleurs une des idées les plus fausses, quoique des plus répandues, même parmi les artistes, que celle qui consiste à croire qu'un édifice élevé écrase les constructions environnantes. Regardez si l'Opéra ne paraît pas plus écrasé par les maisons du voisinage, qu'il ne les écrase lui-même. Allez au rond-point de l'Étoile, et parce que l'Arc de Triomphe est grand, les maisons de la place ne vous en paraîtront pas plus petites. Au contraire, les maisons ont bien l'air d'avoir la hauteur qu'elles ont réellement, c'est-à-dire à peu près quinze mètres, et il faut un effort de l'esprit pour se persuader que l'Arc de Triomphe en mesure quarante-cinq, c'est-à-dire trois fois plus.

Donc, pour ce qui est de l'effet artistique de la Tour, personne n'en peut juger à l'avance ; la grandeur de la base m'étonne moi-même, aujourd'hui que les fondations commencent à sortir de terre. Quant au préjudice qu'elle portera aux autres monuments de Paris, ce sont là des mots.
Reste la question d'utilité. Ici, puisque nous quittons le domaine artistique, il me sera bien permis d'opposer à l'opinion des artistes, celle du public. Je ne crois point faire preuve de vanité en disant que jamais projet n'a été plus populaire ; j'ai tous les jours la preuve qu'il n'y a pas dans Paris de gens, si humbles qu'ils soient, qui ne le connaissent et ne s'y intéressent. A l'étranger même, quand il m'arrive de voyager, je suis étonné du retentissement qu'il a eu. Quant aux savants, les vrais juges de la question d'utilité, je puis dire qu'ils sont unanimes.

Non seulement la Tour promet d'intéressantes observations pour l'astronomie, la météorologie et la physique, non seulement elle permettra en temps de guerre de tenir Paris constamment relié au reste de la France, mais elle sera en même temps la preuve éclatante des progrès réalisés en ce siècle par l'art des ingénieurs. C’est seulement à notre époque, en ces dernières années, que l’on pouvait dresser des calculs assez sûrs et travailler le fer avec assez de précision pour songer à une aussi gigantesque entreprise. N'est-ce rien pour la gloire de Paris que ce résumé de la science contemporaine soit érigé dans ses murs ?
La protestation gratifie la Tour d' « odieuse colonne de tôle boulonnée ». Je n'ai point vu ce ton de dédain sans une certaine impression irritante. Il y a parmi les signataires des hommes qui ont toute mon admiration ; mais il y en a beaucoup d'autres qui ne sont connus que par des productions de l'art le plus inférieur ou par celles d'une littérature qui ne profite pas beaucoup au bon renom de notre pays.

M. de Vogüé, dans un récent article de la Revue des Deux Mondes, après avoir constaté que dans n'importe quelle ville d'Europe où il passait, il entendait répéter les plus ineptes chansons alors à la mode dans nos cafés-concerts, se demandait si nous étions en train de devenir les Græculi du monde contemporain. Il me semble que n'eût-elle pas d'autre raison d'être que de montrer que nous ne sommes pas simplement le pays des amuseurs, mais aussi celui des ingénieurs et des constructeurs qu'on appelle de toutes les régions du monde pour édifier les ponts, les viaducs, les gares et les grands monuments de l'industrie moderne, la Tour Eiffel mériterait d'être traitée avec considération.
Le Temps, 16 février 1887.

dimanche 30 décembre 2007

La Reine rouge

Artistes d’aujourd’hui, peintres, architectes, sculpteurs, mais également, musiciens, comédiens et écrivains, ô créateurs de beauté, n’êtes-vous plus touchés par ce qui fait vibrer la matière ? L’art est-il uniquement voué à l'absurde aujourd’hui ? Comment avons-nous pu laisser sur Evry, ville nouvelle, incarnation de l’art moderne, se dresser l’ombre sombre et sinistre de cette Cathédrale, celle qui doit être sublime de l’extérieur comme de l’intérieur, celle qui se doit de Dieu et par Dieu. Pardieu !

Aucun homme né d’une simplicité et sincérité naturelles n’aurait pu envisager l’apparition de cette Cathédrale si absurde : son manteau pied-de-poule rouge est de mauvais goût, car non seulement il ne possède aucune sculpture sur son armure qui puisse flatter le regard, mais en outre, il rappelle la couleur des bâtiments communistes. Les Chrétiens devraient s’en retourner dans leur tombe ! Par ailleurs, qui, parmi la population mondiale, viendrait en touriste visiter la Cathédrale d’Evry? Les artistes créent mais le genre humain élève l’œuvre au rang d'oeuvre d’art. Voici qu’un défi est lancé à l’absurde, mais l’absurde lui-même ne répond de rien. Ajoutons que la Cathédrale est coiffée d’une couronne verdâtre. Pourquoi des arbres ont-ils été plantés sur le toit ? D’un point de vue esthétique, il faut bien dire que le summum de la laideur arrive l’hiver : la couronne perd son fade éclat et se transforme en spectre morbide. En outre, quel étrange voyageur viendrait du bout de la planète admirer les peintures abstraites des vitraux se sublimer face à Jésus difforme sur sa croix, s’émerveiller de cet orgue électrique ? L’homme s’éloigne de l’infini divin…

Finalement, Evry, de rouge vêtue déjà avec ses bâtiments administratifs, sociaux et culturels se revêt à nouveau d’un bric-à-brac rouge toujours plus grand, toujours plus haut, toujours plus monstrueux jusque dans ses cieux. Tudieu ! Dorénavant, davantage de réels contrastes esthétiques pour l’art moderne seraient les bienvenus.

jeudi 20 décembre 2007

Insultants quant ils parlent de notre musique...

Tout comme le revendique le rappeur français Youssoupha : « J’ai du Rap dans les oreilles depuis le temps ». En effet, depuis bien des années, je porte ce genre musical dans mon cœur car le Rap est la musique qui me ressemble, qui me fait réfléchir, danser, rire et pleurer. Elle est si différente de ce que beaucoup s’imaginent. Ils préfèrent se fier à l’opinion générale et se contenter de la bonne musique populaire plutôt que de s’attarder sur ce genre bourré de sueur, de revendication, de mal être et de rage (pas uniquement péjoratif).
Il faut dire, qu’il est trop facile pour les fans de rock, métal, variété, pop ou autre genre de le rabaisser et de le dénigrer avec toute la mauvaise pub qu’il se fait et que les médias lui font. Mais il me semble que beaucoup de rock stars ont des vies bien plus subversives que celles de certains rappeurs et leurs textes ne sont pas toujours aussi profonds que les leurs. Ça c’est clair. Mais loin de moi l’idée de discréditer les paroles des Rock stars. Je ne suis pas comme certains, je ne discute pas les goûts et les couleurs de chaque individu. C’est comme avec les garçons, il en faut pour tous les goûts !
Je dis trop facile puisque grand nombre de ces gens ne savent pas ce qu’est le Rap et/ou n’ont jamais pris la peine d’écouter et de comprendre un texte. C’est vrai l’artiste ne chante pas, c’est en quelque sorte un parlé rapide, en rythme. Beaucoup de rappeurs utilisent cela pour exprimer et partager leurs sentiments : cela donne parfois un coté théâtral à la chanson ou la rend plus intimiste. Par exemple, Youssoupha sourit sur le refrain de « Ma destinée » : " Trop de rire, de sourire dans ma destinée… Trop de bons moments à vivre dans ma destinée…Trop d’amour pour le Rap dans ma destinée " etc. Ou encore Soprano qui donne souvent la sensation d’être sur le point d’éclater en sanglot.
Comme je le disais plus haut, le Rap est une musique de revendication, de sueur, de rage de mal être mais beaucoup ne lui reconnaissent que son côté provocateur et insolent. Ce qu’il faut savoir, c’est que très souvent derrière cette provocation et cette insolence, se cachent un mal être, une souffrance. C’est pourquoi beaucoup de textes sont aussi durs, aussi crus. Il ne faut cependant pas croire que c’est tout le temps le cas. Ce serait vraiment trop beau ! Certains rappeurs se plaisent à être vulgaires, violents, insolents pour le style. Ils pensent qu’ils seront plus crédibles, on parle de Street crédibility ! Il faut bien être réaliste, il n’y a pas que du bon dans le Rap game, comme on dit, mais je trouve révoltant le fait que les gens en fassent une généralité. Il existe du Rap poétique, comique, intelligent et sensé qui ne se contente pas de déblatérer des mauvaises vies, des insultes etc. Et là, on peut citer pas mal de rappeurs dont ceux que j’affectionne peaticulièrement : Soprano, Youssoupha, Kery James, Sat de la Fonky Family, Abdel Malik, Arsenic, Neg’marrons etc. Ces rappeurs influencent mon quotidien grâce à de jolies phrases qui deviennent mes devises ou me font sourire, rêver et espérer telles que : "la vie devient sublime quand on arrête de la subir" de Youssoupha ; "faut apprendre à souffrir quand on fait partie de ceux qui donnent de l’amour sans réfléchir et Puisqu'il faut vivre autant l'faire avec le sourire. Se dire que le meilleur est à venir. Que le pire permet de construire ce vraiment à quoi on aspire. Se dire, pendant la chute, qu'il y a toujours espoir de bien atterrir" de Soprano. Ou encore : "Quand t’as la ghetto super classe ça s’ressent, pas besoin de te raconter, ça s’ressent. Tu dégage un truc qui fait que ça s’ressent" de Kery James et aussi "Mon cœur a suivi sa logique. Faut se mélanger, dans la mixité y a rien de tragique, bah vas y oh !" de Sefyu. Je pourrais vous en citer tellement, tellement le poids des maux est important dans notre musique. Kery disait: " je revendique et indique qu’à mon sens, le rap doit avoir un sens, puisqu’il a sans aucun doute une influence, une conséquence sur nos jeunes." Amen Kery james !
R.E.S.P.E.C.T, mes amis, respect ! Vous savez ce que c’est au moins ? J’ai si souvent l’impression que non. Et pourtant, on le vaut bien ! Le rap représente une certaine catégorie de personnes sûrement pas la vôtre, elle représente ceux qui n’ont pas souvent la parole. Mais en dépit de tout cela, elle reste une passion que l’on fait, que l’on écoute avec amour. Que cela vous en déplaise ! Youssoupha rappe dans " Ma sueur et mes larmes " : " Respecte mon Rap, car j’y est ma sueur et mes larmes ". Le groupe Arsenic et Wallen disent : " Je rappe avec mes tripes et avec le cœur, toujours… " Juste pour cela vous devriez faire preuve de respect et puis : « Si t’aimes pas, parle pas, un point c’est tout !! »

…Alors ma rime est percutante pour leur faire péter un fusible !

dimanche 9 décembre 2007

Ouvrons un peu nos esprits (réponse de Gustave Eiffel)


La tour que vous critiquez est laide parce que vous voulez la voir ainsi ; mais au nom de quelles valeurs jugez-vous mon oeuvre? Comme toute chose l'art est appelé à évoluer et peut-être aussi les notions qu'il englobe (comme la beauté) ; la tour Eiffel ne sera pas la cause de divisons comme la tour de Babel mais elle mettra toute les nations d'accord sur cette nouvelle dimension qu'elle donne à Paris.
Je conçois pour vous que le fer ne soit pas un matériau noble, mais sa solidité fait de la tour le protecteur symbolique de tous les autres monuments de Paris. Si Paris a toujours été reconnue comme la ville la plus belle, c'est pour son originalité et ses innovations architecturales.
Enfin ouvrez vos esprits. Vous avez protesté en nourissant des arguments fondés sur des pressentiments, soyez patients, quand la tour sera finie vous la verrez dans toute sa gloire et sa beauté.
Elle offrira une autre vision de Paris mais cette ville gardera toujours sa popularité et son honneur. La tour Eiffel sera la main de fer qui tiendra ferme la réputation culturelle de Paris.

samedi 8 décembre 2007

Excursion au "100 Club Punk Festival"



Compositeurs, interprètes et passionnés de musique, nous prenons la plume ce jour afin de faire part de notre constat concernant la régression générale de l’art que nous chérissons tant. Alors que la musique savante ne parvient pas à retrouver la place qu’elle avait les siècles précédents, la musique populaire retourne à l’âge de pierre. Ce n’est pourtant pas le message que l’on semble vouloir nous faire passer, à l’image du festival Punk qui eut lieu les 21 et 22 septembre, et qui était organisé pour nous présenter les «musiciens» d’une nouvelle «révolution musicale ».

Plusieurs de nous furent interpelés par des affiches et publicités vantant l’événement. Aussi, nous nous y sommes rendus avec un enthousiasme qui a laissé place à la crainte vu les accoutrements dépecés des artistes du mouvement. Leur art est tout aussi pauvrement habillé : sur fond de guitares électriques et percussions, un chanteur ou une chanteuse braille un texte sans rechercher la moindre harmonie. Les orchestres se succèdent mais aucune mélodie ne réussit à se démarquer, les accords ne présentent aucune couleur et leurs enchaînements sont récurrents.

Que reste t-il alors des éléments que l’histoire a mis tant de temps à développer ? A quoi bon revenir à zéro ?

Les spectateurs adeptes de ce genre de mascarade sont reconnaissables par leurs tenues vestimentaires et montrent leur engouement en proclamant des insultes et en crachant vers la scène. On a alors affaire à du théâtre, peut-être, mais non à de la musique.

Nous souhaitons ainsi avertir l’opinion publique des détournements que peuvent connaître les arts. Chacun doit parvenir à distinguer le vrai du faux par-delà l’avis de certains partisans, des artistes sans art, si ce n’est celui de se vendre.


Artistes voulant sauver leur art, Octobre 1976

Reponse de M. Eiffel

Chers artistes,

Votre lettre m’a énormément touché, mais je dois admettre que je suis déçu - déçu par votre manque d’imagination. Vous, artistes innovateurs, vous me semblez ne plus penser qu’avec votre raison, à essayer de désigner ce qui est beau selon vos propres valeurs, plutôt que de penser avec votre cœur. Vous prônez dans, et par vos œuvres, l’ouverture d’esprit et vous fermez la vôtre à mon art.
Il est vrai que la tour Eiffel sera bien loin du modèle Haussmannien ou encore de l’art gothique de nos magistrales cathédrales, et je ne veux absolument pas remettre en cause ces chef d’œuvres architecturaux. Cependant, nous sommes entrés dans l’ère de l’industrialisation au début du siècle, nous avons de nouvelles technologies de construction, et ma seule et unique motivation est de faire découvrir aux parisiens, ainsi qu’au monde entier, que l’acier n’est pas un matériau froid et austère. La tour Eiffel sera une majestueuse vitrine du savoir faire français : plus qu’une simple sculpture, il s’agit d’un défi architectural et technique.
A tout prendre, j’espère simplement que lorsque vous verrez cette flèche d’acier pointer vers le ciel, surplombant notre capitale, vous pourrez peut-être y découvrir une nouvelle beauté.

Mes amitiés.



Gustave Eiffel,
Le 27 février 1887



Solene

vendredi 7 décembre 2007

"Fausse Piste" à l'Agora d'Evry


Je viens, simple étudiante en deuxième année d'art du spectacle à l'université d'Evry, porter un jugement sur votre spectacle, Fausse Piste de passage au Théâtre de l'Agora à Evry, au nom de la passion de l'art et plus particulièrement du spectacle vivant.

Un plateau nu et noir... Enfin la lumière s'allume et c'est parti pour 1h30 de plaisir. Le plateau nu est en fait recouvert d'un tapis bleu circulaire représentant une piste de cirque. A gauche, une régie ouverte au public. Le décor est planté, le spectacle peut commencer. En mêlant théâtre et jeux de cirque technologiques, vous avez réussi à m'intéresser à votre prestation sans même une seconde d'ennui.

Les jeux acrobatiques et théâtraux s'enchaînent, se croisent, on ne les différencie plus les'uns des autres. Le jeu acrobatique devient le jeu théâtral et inversement, lorsque, allongés par terre, vous m'apparaissez debout, sur la toile blanche du fond de scène, avec des numéros d'équilibre totalement invraisemblables. Je dois également vous remercier pour ces beaux voyages, une fois sur la lune, l'autre fois sur le ciel, puis dans l'espace. Quel bonheur de vous regarder jouer! Les transitions sont sauvées par vos belles et amusantes caricatures de clowns.

Cependant, votre élocution m'a quelque peu troublée ; vos mots devenaient parfois incompréhensibles et indissociables les uns des autres. Peut-être est-ce pour montrer que l'homme ne cherche pas à se faire comprendre tant que lui même se comprend? Je dois aussi vous faire part du fait que je reste sans comprendre le véritable rôle de l'homme qui se travestit. Je comprends évidemment que le personnage évolue, affirme son travestissement au fil du spectacle. Mais alors comment réellement interpréter ce personnage et quel est le lien qui le relie au reste de la pièce?

En tout cas ce spectacle reste un agréable moment passé en votre compagnie. Et bien évidemment, j'invite tout le monde à y aller, petit ou grand, seul ou en famille.