jeudi 31 janvier 2008

Le duel Fer/Pierre

Vous, les artistes, vous critiquez l'utilité de ma tour de deux façons. D'abord vous la niez tout simplement, ce qui ne constitue pas une argumentation ; surtout vous opposez, implicitement, le concept d'utilité à celui de beauté.
J’affirme, d'une part, que ma tour sera belle et qu'elle ne détruira pas la beauté de Paris, d'autre part, je n'accepte pas de dissocier beauté et utilité. Et, j’attire en particulier votre attention sur une question de fond : l'utile est-il forcément laid ? Un ouvrage moderne, métallique ne peut-il être aussi beau qu'un vieux bâtiment de pierre ? C'est là toute une conception moderne du beau que j’aimerais faire apparaître en évoquant cela.
Certes, la force d'une pétition tient aux arguments qu'elle formule, mais aussi au prestige des signataires, surtout s'il s'agit d'hommes jugés compétents dans le domaine où surgit la contestation. Il n'est pas indifférent ici que, parmi les signataires, figurent des peintres, des écrivains, etc. Mais je m'efforce d'affaiblir cette coalition en la détruisant, en distinguant, dans cette liste, les hommes de grande valeur et d'autres d'un mérite incertain.
Vous prétendez parler au nom du goût, de l'histoire et de l'art français : vous opposez ce que vous appelez mon Paris à celui de l'époque gothique, de Jean GOUJON. Je réfute ce point, notamment, car j’oppose, à la beauté historique et traditionnelle, une esthétique moderne.
Me considérer comme un « constructeur de machines » et décrire la tour comme une « colonne de tôle boulonnée » ne constituent pas seulement des dénominations méprisantes. C'est proposer une définition péjorative de mon projet. Je défends les ingénieurs, je parle au nom du progrès et de la France moderne, et je rejette cette définition.
Ma tour mériterait d’être traitée avec considération car comment juger une chose que l’on ne peut pas voir mais seulement apprécier par l’intermédiaire d’un dessin plus ou moins géométrique ?

dimanche 20 janvier 2008

Novarina et son "Opérette" au Théâtre de la Cité internationale


Pour ceux qui ont aimé Valère Novarina:

du 14 Janvier au 12 Février - Lundi, mardi, vendredi, samedi 20h - jeudi 19h - dimanche 17h - relâche mercredi - Coupole - durée 1h40


"Quand de jeunes acteurs, de jeunes musiciens et chanteurs s'emparent de la langue de Novarina, ce maître en détournement de langue, qui dans tout son théâtre dit le drame de l'animal parlant qu'est l'homme, cela donne un spectacle déjanté, jouissif et complètement juste. La compagnie Air de Lune, groupe de jeunes acteurs et musiciens formés à l'école Claude Mathieu, a choisi de célébrer dans le délire les noces de la musique et du théâtre. Ils ont été invités par deux fois au Festival « Enfants de troupe » parrainé par Ariane Mnouchkine au Théâtre du Soleil. Ils se sont passionnés pour la langue si musicale de Novarina, ont décidé de prendre à bras le corps le texte de L'Opérette imaginaire et dansent sur ce texte avec leurs gorges et leurs mollets. Ils ont choisi le prologue, tentative désespérée d'empêcher l'opérette et déjà une plongée dans la langue de l'auteur, et l'acte 3, le plus représentatif de cette opérette imaginaire et le plus intéressant musicalement. Dans cet acte 3, les étranges animaux parlant de Valère Novarina : la Femme pantagonique, l'Acteur fuyant autrui, l'Ouvrier Ouiceps, le Valet de carreau, le Galoupe, Anastasie, le Mortel, la Dame Autocéphale, l'Infini Romancier, le E Muet, attendent la vraie humanité. En attendant, ils jouent, se battent, se haïssent, chantent, dansent, aiment. « Faites entrer la parole » dit le Valet de carreau, la parole entre et rencontre la musique. Dans un univers de café-théâtre, le langage s'emballe alors que la musique, chants liturgiques ou chansonnettes, affirme sa sérénité. Pour cette joyeuse équipe, se saisir de la langue de Novarina, c'est pénétrer un continent inconnu, se laisser aller à l'ivresse du jeu et des mots."



Le feu prend vite dans le champ culturel!

Une rumeur, ne reposant sur aucun arbitrage définitif, est une traînée de poudre qui devient vite la vérité, la preuve même d’une nouvelle politique de l’Etat… en l’occurrence, se désengager.

On pouvait lire dans le journal Le Monde, le mardi 8 janvier 2008 :

« Bartabas persiste et signe. Dans une lettre ouverte adressée à Christine Albanel, la ministre de la culture, et dans un entretien au Monde, le cavalier fameux, en France comme à l'étranger, avec son théâtre équestre Zingaro, ne regrette pas son « coup de sang » : le 21 décembre 2007, il a violemment dévasté une partie des locaux de la Direction régionale des affaires culturelles (DRAC) de l'Ile-de-france, rue de Charonne à Paris. Alors qu'on venait de lui annoncer une baisse de ses subventions. « On ne convoque pas un artiste trois heures avant une représentation pour lui annoncer une telle nouvelle, écrit Bartabas à la ministre de la culture, Christine Albanel. »

Cet article illustre davantage la politique culturelle engagée (les problèmes déjà évoqués à l’opéra de Tours, dirigé par Jean-Yves Ossonce). Le milieu rural en Ile-de-France est également touché par la suppression des subventions de la DRAC. Celle-ci risque à court ou moyen terme d’entraîner la fermeture des syndicats intercommunaux de musique gérant les école de musique en milieu rural.

Dans la région où je réside, il y a trois syndicats intercommunaux de musique: Milly-la-Forêt, Méréville, Ballancourt. Chacun bénéficiait, auparavant, des subventions de la DRAC. Pour vous donner quelques chiffres évocateurs :
-Milly-la-Forêt : 38 110€.
-Ballancourt : 15 000€.
-Méréville : 10 000€.

Suite à la décision du gouvernement de diminuer de 20% le budget de la DRAC, celle-ci a décidé de supprimer les subventions fin novembre 2007, laissant les syndicats intercommunaux de musique signer les contrats des professeurs en septembre. Si rien n’est fait, la faillite des écoles en milieu rural ne fait aucun doute, et donc par engrenage, le licenciement de leurs employés. Certes certaines réussiront peut-être à mobiliser les maires des différentes communes pour obtenir des fonds, mais, comment une commune de moins de 300 habitants peut-elle subvenir au besoin d’une école de musique ?

Comme beaucoup, je suis issu de l’une de ces «écoles rurales », et je prends à cœur cette affaire. Les connaissances que j’ai acquises (comme de nombreux autres élèves) dans ce conservatoire dépassent de bien loin les connaissances purement musicales. C’est une école de la vie qui permet de donner aux élèves les mêmes chances que les élèves en milieu citadin, lieu plus ouvert à la culture.

Beaucoup de personnes étudiant dans les écoles les plus prestigieuses comme Polytechnique ont fait de la musique, et certains, justement dans des « écoles rurales », et en reconnaissent leur excellence et leur nécessité. D’autres ne trouvant pas leur voie dans le milieu scolaire ont pu mener à bien leurs projets professionnels grâce à ces écoles. Je ne m’avance donc pas, en affirmant que la musique en milieu rural est nécessaire. Supprimer ces établissements revient à une discrimination forte entre la ville et la campagne.

Ce drame touche toutes les actions culturelles dans les régions. Il est donc vital pour nous, étudiants dans filières artistiques, de ne pas rester indifférents face à cet acte du gouvernement.

vendredi 18 janvier 2008

URGENT !!!

Je voulais parler ici d'une bonne action à faire, du moins pour toute personne attachée à l'Art... Dans la petite commune de Saint Romain Aux Monts d'Or (banlieue de Lyon), se déroule depuis un moment déja un bras de fer entre Thierry Ehrmann, bien connu des marchés de l'Art, et la mairie, d'étiquette U.M.P. L'enjeu est une collossale oeuvre d'Ehrmann et d'un collectif d'artistes, une oeuvre de déconstruction artistique, j'ai nommé La Demeure du Chaos... Rappels des étapes de la construction de cette oeuvre...

- 2001, Thierry Ehrmann commence la construction, ou plutôt la déconstruction d'un musée-oeuvre, comprenant aujourd'hui 2900 oeuvres d'Art... Rapidement, le conflit s'engage avec la mairie, qui réclame sa destruction, ainsi que celle de toutes les oeuvres qui y sont entreposées. "Ce que je ne peux pas tolérer, c'est qu'on impose (ce spectacle) à la vue des gens", juge le maire Pierre Dumont, qui dit recueillir quotidiennement des témoignages d'habitants excédés. Une contre-demeure a d'ailleurs été créée juste en face, "La Maison de l'Eden". L'affaire est portée devant les tribunaux. Le collectif créé une pétition de soutien... Les médias commencent à s'interresser à cette bataille.

- 2006 : Le tribunal ayant donné un non lieu en faveur de Thierry Ehrmann, la mairie se porte en Cour d'appel, qui confirmera la décision de non lieu... D'où un pourvoi en Cassation.
La Cour de Cassation n'a pris en compte que 2 pourvois formulés par la Commune de Saint Romain au Mont d'Or. Ces pourvois se basaient sur 3 moyens. 1er moyen : la Mairie a reproché à l'arrêt d'avoir relaxé la SCI VHI sans rechercher si les infractions n'avaient pas été commises pour partie ultérieurement à la responsabilité pénale des personnes morales/ 2e moyen : la Mairie a reproché à la Cour d'Appel de Lyon d'avoir considéré que les dispositions prétendument violées (notion "d'harmonie") du plan d'occupation des sols étaient insuffisamment précises pour donner lieu à une condamnation pénale/ 3e moyen de la Mairie non retenu : critiquait les motifs pour lesquels la Cour d'Appel de Lyon a jugé qu'il n'y a avait pas lieu d'ordonner la destruction des 2900 oeuvres d'art et la "remise en état".

Cette demeure, par le nombres de visiteurs chaque année, les nombreux articles et reportages à son propos... est entrée dans l'Histoire de l'Art, sans doute comme précurseur d'un nouveau courant, basé tant sur Duchamps et tant d'autres que sur la pensée de Jacques Derrida... Son coté dérangeant, dans une esthétique très no wave, est une cause de ce combat mené, à l'heure où le Times titre sur "la Mort de la culture française"... Et la destruction de cette demeure lui donnerait entièrement raison... Ce qui dérange, c'est que cette oeuvre place la destruction comme création, ébranle certaines certitudes, créé le malaise, exhibe un certain mal être qu'on préfèrerait oublier. Il y a une réelle envie de censure, qui serait perçue comme une autoprotection... Cacher le mal plutôt que l'accepter pour le soigner... Ce procès pose aussi des problèmes éthiques et philosophiques : La Loi peut-elle juger ce qui est de l'Art ou non ? Est ce son devoir ? Doit-on accepter des limites dans la création ? Si l'Art doit être limité dans ses points de vues, que reste t-il d'espace d'expression ? Art et urbanisme doivent-ils se lier ? Tant d'autres questions peuvent se poser, sur lesquelles les juges devront statuer...
Nous avons une possibilité de peser sur ce jugement, et par conséquent sur l'avenir culturel du pays... Signez la pétition, et pour les plus motivés, passez commande d'un "kit de soutien"... Il est gratuit et comprend des cartes (à distribuer, qui servent de relai de la pétition), un livre de photos, des photos couleurs de certaines oeuvres, et un T-shirt de la Demeure... Merci bien de votre attention. En espérant que vous rejoignez ce combat...

lundi 14 janvier 2008

Aux chaînes hertziennes nationales

Moi, jeune étudiant passionné de culture, je m’insurge contre la faiblesse des programmes des chaines du service public tel que Tf1, France 2 ou encore M6.

En effet, il est inadmissible de voir une telle débâcle sur nos écrans de télévisions. Le niveau est plus bas que terre : émissions de niveau intellectuel désespérant, journaux télévisés avec informations tronquées, reportages non-objectifs, séries télévisées françaises pour adolescents attardés, télé-réalité, jeux télévisés tous plus ridicules les uns que les autres… une formidable bouillie de médiocrité.

Il ne faut pas s’étonner du niveau de faiblesse intellectuelle des français qui se rapproche de plus en plus de celui des Américains. Il suffit de regarder les dernières élections pour s’en rendre compte. En effet, on se doute que la majorité des français ne regardent pas Arte. Pourtant il est difficile pour ceux qui n'ont pas le câble - je les plains - de ne pas finir sur cette dernière chaine servant de refuge et de bouffée d’oxygène.

Oui, il faut attendre tard dans la nuit pour respirer et pour apercevoir des programmes culturels intéressants. Les insomniaques ne peuvent se rendre compte de la chance qui leur ait donnée. Sérieusement, c’est la preuve que la culture, par exemple, n’est destinée qu’a une minorité de personnes.

Les chaines du service public ne sont intéressées que par leur chiffre d’audience. La culture mais qu’est-ce que c’est ? Ce n’est pas intéressant et surtout cel ne rapporte rien. Ce n’est pas non plus dans l’intérêt du gouvernement d’œuvrer à ce que la télévision soit nettoyée. Après tout un Français cultivé n’est pas un bon votant.

dimanche 13 janvier 2008

Nez haut l'eau gît sms

J'ose interpeller les dignes représentants de la langue française ainsi que le simple utilisateur sur le devenir de celle-ci. En effet, on ne peut que constater la multiplication des néologismes et la dénaturalisation des termes et expressions constituant notre langue. Des expressions changent de sens et l'emploi des mots prend une direction toute nouvelle. Que peut-on encore appeler une faute de français, et qu'est-ce qui s'incrit dans une évolution durable? De cet outil si indispensable à la communication de la pensée des individus, ne risquons-nous pas de perdre pied, entre ceux qui embrassent le mouvement et ceux qui préservent cet héritage?

Qu'est ce qui fait la différence entre une faute et un néologisme ? Prenons l'expression "je vais sur Paris" dorénavant employée à la place de "Je vais à Paris". "Sur" indiquerait en principe un rapport de haut et de bas, comme le chevauchement. On pourrait comprendre l'expresssion en considérant par exemple un phénomène météorologique en région parisienne. Mais l'expression s'emploie désormais dans n'importe quel contexte, désignant les individus dans une localisation aproximative. On pourrait l'analyser en considérant que cette idée fleurit à notre époque où la distance n'est plus un obstacle et où la cible serait trop mobile. Le "sur" serait donc ici l'adaptation de la langue aux besoins de la population qui l'emploie. L'exemple répandu d'une faute de français serait celle de "un espece" à la place de "une". Ici, parler de néologisme n'aurait pas de sens, il n'y pas de sens et d'interprétation devant le mauvais emploi du genre des mots; si il y'en avait un, celui-ci perdrait rapidement pied face à la logique globale de la langue française.

Pour se rendre compte de l'ampleur du phénomène, un moyen est de constater l'emploi de ces nouveaux termes par les médias. Sans leurs jeter la pierre, c'est le constat souvent évoqué par des téléspectateurs ou des auditeurs. Prenons comme exemple l'intervention du médiateur de France Inter, Mr. Pepin.

L'évolution de la langue est bien nécessaire et elle reflète l'époque où elle s'emploie. Mais à la vitesse de ces changements, ce sont les fondements de la langue qui sont en cause. Prenons le langage "sms" et l'emploi purement phonétique des caractères de l'alphabet, il est difficile d'imaginer longtemps l'emploi de deux écrits parallèles dans une même langue sans que l'influence de l'un ne s'en fasse ressentir. On retrouve d'ailleurs dans le "sms", un même constat quant à la vitesse (d'écriture) que concernant le dilemme du "sur".

Vous m'excuserez, chers lecteurs, des éventuelles fautes qui ont pu se glisser dans ces quelques mots, mais le temps vient à me manquer et je dois me hâter d'en terminer la rédaction, notre époque n'attend pas.

Réponse de Gustave Eiffel

Vous m'en voyez désolé, moi, Gustave Eiffel, qui ai lu votre article dans le journal Le Temps, je constate que vous, artistes français vous vous insurgez contre mon oeuvre architecturale. Je trouve dommage que cela ne vous convienne pas d'autant qu'on pourrait attendre un peu plus de tolérence de la part d'artistes. Sans vouloir être prétencieux, j'estime que ma construction n'est pas seulement une "odieuse colonne de tôle boulonnée", comme vous avez pu le dire dans votre lettre, mais aussi une oeuvre architecturale à part entière, voire même exceptionnelle.


Elle ne vous plaît pas. Soit, mais comment pouvez vous la juger? Elle n'est qu'en construction. C'est comme si je venais dans votre atelier, voyais l'ébauche de votre travail et m'écriais:"C'est une véritable insulte à l'art!". Cela avant même d'avoir pu découvrir l'oeuvre dans son ensemble. C'est tout à fait grotesque, n'est-ce pas?
Malgré tout, je dois vous dire que nous avons un point commun. En effet, j'aime aussi Paris et, bien qu'elle n'en ait pas vraiment besoin, je vous l'accorde, je ne cherche qu'à renforcer sa beauté, sinon plus, car les artistes dont vous avez parlé tels que Jean Goujon, Germain Pilon ou encore Puget ne seront pas oubliés. Tout comme d'ailleurs l'arc de Triomphe ou les Invalides. Tous ces monuments font partie de Paris, de son histoire et il n'est pas question de les détruire.
Les gens auront en effet le choix et rien ne les forcera à aller voir la Tour que vous méprisez tant! Quoiqu'il en soit, elle fera partie de Paris durant quelques temps et permettez-moi de vous dire que vous ne l'avez pas vu, alors pourquoi ne pas lui laisser une chance? Si elle ne vous plaît pas une fois construite, dites-vous qu'elle n'est qu'éphémère et prenez votre mal en patience. Personne ne vous forcera à la voir tous les jours. Comme vous le disiez si justement il y a beaucoup d'autres choses a voir à Paris.

Prennez également en compte toute la difficulté d'une construction aussi grande. Peut être serez vous plus indulgents une fois que vous aurez réfléchi à cela car définir ma tour comme une "colonne de tôle boulonnée" est quelque peu réducteur...

G.Eiffel